PRATICO-PRATIQUE

Trouver son style dans l’écriture (partie 2)

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Karine Masson

Avril 2019

Dans une première partie, j’ai évoqué la notion de “style” qui est “la façon particulière dont chacun exprime sa pensée, ses émotions, ses sentiments”. Dans ce second article, je vous donne quelques pistes pour trouver votre propre style.

Travailler et trouver son style en 5 étapes

Pour devenir « une plume » – un écrivain dans le sens littéraire -, il faut écrire souvent, lire beaucoup, s’imprégner de tout sur tous les sujets. Je vous ai regroupé 5 étapes -un condensé issu de mes différentes recherches- qui sont, à mon sens, essentielles pour travailler son style :

1. se connaître soi-même : savoir ce que vous aimez, ce que vous ressentez. Quelles sont envies profondes…

2. lire ce que vous aimez lire : notez dans un carnet spécifiquement dédié à cela, ce que vous aimez particulièrement dans ce livre et les raisons pour lesquelles vous aimez ce mot, cette phrase, cet extrait. J’utilise, pour ma part, des carnets bricolés “maison” avec des feuilles récupérées dans les cahiers d’école non achevés de mes enfants. Je les conçois assez petits (format passeport) et minces pour pouvoir les trimbaler partout, dans mon sac à main, dans mon livre du moment…

2bis. lire aussi ce que vous aimez moins et noter ce que vous n’aimez pas et pourquoi.

3. lire à haute voix. Non seulement c’est un vrai plaisir, mais -si l’histoire vous plaît- lire à voix haute permet d’entrer dans la peau des personnages. Cet exercice offre en plus l’avantage de suivre et de comprendre le rythme des phrases.
Plus jeune, quand le prof’ de français nous obligeait à lire des classiques, je me contraignais à les parcourir à voix haute. J’ai ainsi pu apprécier à sa juste valeur “Zola” et “Bel ami”.
C’est d’ailleurs ce dernier qui m’a donné envie de devenir journaliste. Il est toujours en bonne place dans ma bibliothèque…

4. gribouiller, écrire beaucoup, souvent, partout, tous les jours, sur tous les sujets. Au début ce n’est pas facile, on n’arrive pas à commencer car on a l’impression que l’on a rien à dire. Mais ce n’est pas le contenu qui compte ici, c’est l’exercice et le travail d’endurance. Pour plus d’efficacité j’ai adopté la technique des “trackers” comme technique de productivité. Ce sont des tableaux / indicateurs de suivi empruntés au Bullet journal. J’utilise un calendrier classique et coche les jours où j’ai accompli ma tâche (exemple ci-dessous).

Pour débuter, fixez-vous un objectif atteignable. Certaines théories disent que 3 pages par jours (environ 750 mots) c’est assez pour produire un véritable effort… Au début j’ai testé cette technique, mais le côté “remplissage” était une contrainte bloquante, j’ai donc revu mon objectif à la baisse.
En revanche je me contrains à écrire tous les jours. Et pour cela j’ai plein (un tas) de carnets – en plus des fichiers de notes numériques – :

      • un livret “d’artiste” où j’inscris des phrases extraites de l’ouvrage que je lis. J’y ajoute une définition d’un mot en résonance avec le récit et une illustration en rapport avec ce qui m’a touché dans l’histoire (photo ci-dessus).
      • un carnet de notes qui reste sur ma table de nuit. J’y note tout ou presque. C’est à la fois un journal et une accumulation d’idées (lumineuses) qui surgissent en pleine nuit.
      • un mini carnet baptisé “collection de mots”. Comme son nom l’indique j’y note tous les mots. Ceux rencontrés, lus, entendus, suspendus…
      • un fichier “extraits de citation de livres”,
      • des fichiers thématiques sur des sujets de recherche. (Ex. “citations inspirantes”, “comment gérer son temps”, “les couleurs”,…)

5. Pour finir relisez-vous régulièrement. Vous trouverez dans vos écrits des éléments sans intérêt, bien sûr, mais aussi et surtout des pépites.

Quelques conseils utiles

évitez de copier-coller le style de quelqu’un, c’est le vôtre que vous devez trouver. Et cela ne se fera qu’en le travaillant.

n’utilisez pas de formules toutes faites et sur-utilisées, souvent d’ailleurs comme des clichés (ex. “il lisait en moi comme dans un livre ouvert“, “le cœur bat la chamade“). Vous trouverez tout un tas d’exemples dans le dictionnaire des clichés littéraires de Hervé Laroche.

– notez les mots que vous ne connaissez pas dans un autre carnet. Ce dernier conseil, non des moindres, m’a été donné par une institutrice en retraite -Martine pour ne pas la nommée-. Sur sa table de nuit trône fièrement un petit bloc-notes dans lequel elle inscrit le ou les mots inconnus découverts au fil de sa lecture nocturne. Le lendemain, au petit matin, elle en vérifie la signification dans son dictionnaire et reprend scrupuleusement la définition dans son bloc. 

Pour aller plus loin :

  • une application (gratuite) : Gleeph, réseau social qui relie les lecteurs,

  • une émission : “La grande Librairie” notamment celle du mercredi 6 mars dans laquelle J.M. Erre, auteur de “Qui a tué l’homme-homard ?” parle des figures de style qui peuvent plomber un roman.

  • une youtubeuse : Solange et sa méthode pour écrire tous les jours. Méthode dont je me suis largement inspirée,

  • un site pour écrire : www.3pages.fr, basé sur la théorie de Julia Cameron auteure de “Libérez votre créativité”. Ce site permet de vous exercer à l’écriture de 3 pages par jours. Note : ce que vous y écrivez reste privé.